Du gypse identifié sur Mars par ChemCam, une zone à forer pour le rover Curiosity

L’instrument ChemCam1 a identifié des filons clairs et épais de quelques millimètres, riches en sulfates, soufre, et hydrogène, probables traces d’une hydratation passée des sédiments martiens. Cette découverte de l’équipe franco-américaine, dont Éric Lewin, géochimiste à ISTerre fait partie, a permis de déterminer la première zone de forage pour Curiosity.

ChemCam focalise un laser sur la roche ce qui la volatilise et permet d’analyser sa composition chimique élémentaire. En parallèle, une caméra prend une image pour déterminer le point de contact du laser. Les spectres obtenus par ChemCam sur les filons sont très différents des compositions martiennes habituelles (basaltiques) et montrent une composition de sulfates de calcium, dont le minéral le plus typique est le gypse. Or sur Terre le gypse est fréquent sous la forme de veines et se forme par circulation de fluides et précipitation dans les fractures du sous-sol. Cette découverte de ChemCam serait la première preuve minéralogique de la présence d’eau trouvée par le rover sur le site de Gale crater. En l’occurrence il s’agit d’eau dans le sous-sol lors d’épisodes aqueux passés. Cette découverte a fortement influencé la décision du projet de procéder au premier forage dans cette unité parcourue de veines de gypse.

Cette série d’images montre la similitude des veines riches en sulfate vues sur Mars par le rover Curiosity et celles présentes sur Terre.
© NASA / JPL-Caltech / LANL / CNES / PARI / LPGNantes / CNRS / LGLyon / Planet-Terre

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ChemCam est capable de déterminer la composition élémentaire des roches jusqu’à une distance de 9 m grâce à un laser. Une micro-caméra complète le dispositif afin de caractériser la géologie de Mars, autre objectif de la mission MSL, et de choisir les roches devant faire l’objet d’un prélèvement d’échantillons en vue d’analyses plus détaillées à bord, grâce au couplage via un télescope, d’un laser de puissance et d’un spectromètre allant de l’UV à l’IR proche.
Le principe est une première mondiale. Le laser vise la roche, provoquant la volatilisation de la zone atteinte. Le plasma généré et lumineux est analysé par le spectromètre. Les spectres de lumières ainsi obtenus sont envoyés à la Terre, et permettent de déduire les éléments qui composent chimiquement la roche : Oxygène, Silicium, Magnésium, Aluminium, Carbone, éventuellement Hydrogène, etc.


Contact scientifique local
Éric Lewin, ISTerre-OSUG : 04 76 51 40 77 - eric.lewin ’at’ obs.ujf-grenoble.fr


La mission "Mars Science Laboratory" au jour le jour :
* mission de l’Agence Spatiale Américaine (NASA)

Couverture médiatique à propos de l’instrument ChemCam

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