Claudine Kahane (1957–2026)
Claudine Kahane, professeur des universités à l’Université Grenoble Alpes et astrophysicienne à l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble (IPAG), nous a malheureusement quitté le 14 mai 2026, à l’âge de 69 ans. Son expertise, son engagement et son humanité ont marqué plusieurs générations de scientifiques et de citoyens. Claudine était une personnalité incontournable de notre laboratoire, présente dès l’origine de celui-ci elle a accompagné sa croissance en guidant ses collègues toujours avec son sourire.
Après avoir obtenu un doctorat de l’Université de Grenoble en 1982, Claudine Kahane a rejoint le Groupe d’Astrophysique de Grenoble (GAG), ancêtre de l’IPAG, dont elle a été l’une des fondatrices et une actrice majeure. Son travail a contribué au développement de l’astrophysique moléculaire, notamment à travers sa participation à la conception et à l’exploitation des premiers télescopes millimétriques, tels que POM1, POM2 et le télescope de 30 mètres de l’IRAM.
Une anecdote illustre son inventivité pour estimer la masse des nuages moléculaires avec les moyens de l’époque : elle avait utilisé des cartes radio découpées dans du carton, pesées sur une balance à lettres ! Ses recherches, d’abord centrées sur l’étude des nuages moléculaires de notre Galaxie, ont ensuite porté sur la matière circumstellaire autour des étoiles évoluées puis sur les processus de formation des étoiles et des systèmes planétaires. Ses contributions ont ouvert de nouvelles voies pour comprendre l’évolution de la matière interstellaire.
En parallèle de sa carrière scientifique, Claudine Kahane a occupé des responsabilités administratives et pédagogiques importantes. Claudine était une collègue sur laquelle on pouvait compter.
Ainsi, elle a accepté de prendre la direction du DSU (Département Scientifique Universitaire, regroupant le 1er cycle universitaire) pour remplacer, au pied levé, son collègue et ami Manuel Forestini décédé brutalement. Elle y a restructuré et simplifié le système des licences tout en préservant son ambition initiale. Elle a également été directrice adjointe de l’UFR de Physique et a joué un rôle actif dans la promotion de l’égalité homme-femme au sein de l’université. Son approche, alliant rigueur et pragmatisme, a été saluée par ses pairs, qui reconnaissaient en elle une experte du système universitaire, dotée d’un sens aigu de l’intérêt collectif.
Son engagement ne s’est pas limité au domaine académique. Militante communiste et syndicaliste, elle a été co-secrétaire générale du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP-FSU) de 2013 à 2015. Elle avait à cœur la défense des collègues de l’université, des étudiantes et de étudiants et savait mener ces luttes tout en conservant le dialogue. À ce titre, Claudine a siégé dans de nombreux conseils et commissions de l’université incarnant ainsi concrètement un militantisme sincère. Après sa retraite universitaire en 2019, elle a poursuivi son action publique en tant qu’adjointe au maire de Saint-Martin-d’Hères, chargée de la culture.
L’héritage de Claudine, scientifique, pédagogique et citoyen, restera une source d’inspiration pour celles et ceux qui ont eu la chance de travailler à ses côtés. Son souvenir perdurera comme celui d’une femme de science, de conviction et de générosité, et nous sommes tous extrêmement reconnaissants à Claudine pour son engagement auprès de nous tous.
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